L'oeil de Sparse : "National Moutarde Crit’ : produits du terroir et vélo sans frein"

Chaque mois, Sparse et son regard impertinent nous offre sa vision de la Côte-d’Or, un brin décalée ;-)

« Le National Mourtarde Crit’ est réservé à tous les cyclistes, hommes et femmes, qui évoluent sur des vélos à pignon fixe, et uniquement à ceux-ci. » L’article 1 du règlement de cette course un peu déglingue vous pose l’ambiance. On est allés vérifier sur place, le week-end du 16-17 juillet, si ces coureurs étaient bel et bien tarés. Tout ça entre deux bouchées de fromage local.

Organisé par Sportunit et le Dijon Mustard Crew, le National Moutarde Crit’ est installé depuis 4 ans à Dijon. Ouvert à tous (si tu as plus de 16 ans et un mot des parents) ce rendez-vous est avant tout plébiscité par les amoureux du pignon fixe. Pignon fixe, ou fixie, ça veut dire que sur ton vélo, la roue arrière est montée sans roue libre. Ça tourne tout le temps. On est obligé de continuer à tourner les jambes jusqu'à l'arrêt. Et pour plus de plaisir : il n’y a pas de frein. Un beau bordel qui donne un accent casse-cou et grosse vitesse à cette petite affaire.

collage1

Comme dans le cyclisme « classique », les participants ont des teams, des numéros de dossard et s’épilent les jambes. En revanche, la particularité de ce critérium, c’est que tu peux venir avec ton petit short serré en jean, façon André Agassi 1993. Tu soignes ton look. Ton vélo est beau, tu es beau. On pourrait simplifier en disant que les coureurs se placent tranquillement dans une mouvance « hipster fan de musique punk hardcore ».

Au NMC, on est à la cool et on ne se prend pas trop au sérieux non plus. « C’est un événement unique en France », précise Maxime Poisson, le big boss du National Moutarde Crit’, qui espère rapprocher le circuit du centre-ville l’an prochain pour attirer encore plus de spectateurs. Le week-end démarre par une « welcome party » à base de kir, époisses, bières US, foodtrucks et atelier de sérigraphie par le Tâche Papier. Tout ça au jardin de l’Arquebuse. Les coureurs passent boire un coup et découvrent les bons produits du terroir. Eux qui viennent des quatre coins de France, d’Europe et du monde. Ambiance musicale assurée par les mecs de Campus, c’est clairement l’une des meilleures terrasses de Dijon par 25 degrés à la tombée de la nuit.

Tout au long du week-end, on alternera ainsi les temps de compétition (Omnium au vélodrome de Dijon, course de côte à Fontaine d’Ouche) et de détente (apéro-goldsprint au Cosmos, nouveau bar de la place de la République). Avant d’attaquer le gros morceau.

collage2

Dimanche, la zone commerciale de Quétigny est bouclée. À deux pas de ton Quick ou ton Leroy Merlin, le circuit fermé accueillait ces fous du guidon, hommes et femmes lancés à pleine vitesse sur le bitume chaud de « Quetnight ». Sous un soleil de plomb, un peu moins de 200 coureurs mâles et 25 nanas se disputent la course, dans des courses séparées, soutenus par un public d’adeptes venus encourager les champions. En tenue de combat ultra moulante, ça déboule dans les rues barrées entre les parkings de la zone, avec des fétus de paille dans les virages au cas où un type aurait oublié qu’il n’avait pas de frein sur son engin. Ils sont plus de 90 à s’élancer en finale pour seulement 15 coureurs à l’arrivée, les retardataires étant priés de dégager la piste au fur et à mesure de la course pour éviter de se faire rentrer dedans par les premiers qui les rattrapent à fond la caisse et pour prévenir des collisions géantes à la Tour de France '16. C’est l’Américain David Santos qui boucle la course en tête devant le drapeau à damiers, serein avec sa petite minute d’avance sur les suivants. Chez les femmes, c’est Éléonore Saraiva de la team SCO Dijon qui s’impose à domicile. Comme on dit au basket : "Not in my house" !

Pierre-Olivier Bobo, Loïc Baruteu Photos : Loïc Baruteu

SPARSE_LOGO-2015 (2)

Sparse est ton guide moderne de la vie. Un magazine disponible en Bourgogne Franche Comté qui vous arrose de plaisir tous les trois mois. Plus de 80 pages de reportages, d’enquêtes et de rencontres autour de votre région préférée. Comment ? Ça coûte combien ? 0 euro.